06.01.2006

La diaspora chinoise en Asie du Sud-est

 

Source: Pédagogie géographie Asie du Sud-est ( http://canadianasianstudies.concordia.ca/pegase/index...)

 

La nature de l'accueil réservé aux Chinois varia considérablement d'une région à l'autre de l'Asie du Sud-Est, en fonction des périodes d'arrivée, de la dimension des contingents impliqués ou de leur taux de féminité, les femmes étant parfois presque totalement absentes. La dimension, la nature et les croyances religieuses de la communauté locale étaient aussi en cause, tout comme celles des communautés chinoises déjà en place, celles-ci faisant parfois partie presque intégrantes desdites communautés locales. Car le lieu même d'origine des migrants, c'est-à-dire, surtout, telle ou telle localité ou région de l'une ou l'autre de trois provinces méridionales de la Chine, le Fujian, le Guangdong et le Hainan, pouvait s'avérer déterminant. L'appartenance à un groupe dialectal, les plus importants étant les Cantonais, Chaozhou (Téochiu), Hakka et Minnan, entrait donc en ligne de compte parmi ces migrants, dont la vaste majorité ne savait ni lire ni écrire le mandarin.
Tab. Pop-6: Les Chinois en Asie du Sud-Est.
 
Pays
1956
1991
 
nb. estimé
%  de la pop. totale
nb. estimé
% de pop. totale
 
Birmanie
350 000
1,8
400 000 
0,9
 
Brunei
--
--
58 000
22,7
 
Cambodge
180 000
4,1
250 000
3,71
 
Indonésie
2 200 000
2,7
4 941 000
2,7
 
Laos
15 000
1,1
8 000
0,2
 
Malaysia
2 550 000
35,9
5 632 000
32,0
 
Philippines
200 000
0,9
750 000
1,2
 
Singapour
920 000
75,8
2 100 000
77,7
 
Thaïlande
3 000 000
15,0
4 500 000
8,0
 
Vietnam
900 000
3,5
900 000
1,4
 
Asie du Sud-Est
10 315 000
5,6
19 539 000
4,5
 
Pop. régionale totale
184 000 000
100,00
437 000 000
100,00
 
Sources : Fisher, 1966; Minority Rights Group International, 1992.
 
Il en est résulté à peu près tous les degrés d'intégration et même d'assimilation. Ainsi dans la seule péninsule malaise, une différence marquée persiste entre les Chinois dits Peranakan ou Baba, établis à Malacca bien avant les grandes migrations des XIXe et XXe siècles et les autres, arrivés plus récemment et ayant conservé leur langue et leur identité culturelle. Ceux-ci, les Orang Cina, ont leur équivalent en Indonésie, car là aussi la religion dominante, l'islam, a freiné leur assimilation. C'est tout l'inverse qui a prévalu en Thaïlande, le bouddhisme ayant facilité les intermarriages entre les Chinois et les Thaïs, avec comme résultat que les Sino-Thaïs constituent un groupe nettement plus intégré.
Ayant souvent difficilement accès au faire-valoir direct dans l'agriculture vivrière, en Malaisie notamment, les Chinois se spécialisèrent dans l'agriculture commerciale et surtout dans le négoce et les métiers de la ville. Ainsi, malgré leur nombre relativement modeste (cf tab. Pop-6) — d'ailleurs difficile à évaluer, pour les raisons évoquées ci-haut — ils sont présents dans tous les pays, tout particulièrement dans les régions urbaines ou dans celles où se pratique l'agriculture commerciale (cf carte Diaspora chinoise).

 

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